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Shriners


Des origines Franc-Maçonniques

En 1870, à Manhattan, il existe plusieurs milliers de membres de la Franc-Maçonnerie, une fraternité fondée en Europe au Moyen-Âge. Plusieurs de ces Francs-Maçons new-yorkais ont l’habitude de se réunir au Knickerbocker Cottage, un restaurant de la ville. C’est autour d’un repas dans cet établissement que l’idée va germer de fonder une nouvelle fraternité à l’intérieur de la Franc-Maçonnerie, davantage axée sur le plaisir et la camaraderie. Le médecin Walter M. Fleming et l’acteur William J. Florence, un acteur connu à l’époque, prennent le projet particulièrement à cœur et décident d’y consacrer du temps. 


Inspirés par le Proche-Orient

Grâce à sa carrière d’acteur, Florence est fréquemment appelé à voyager à l’étranger. Lors d’un séjour à Marseille, en France, il est invité à une fête luxueuse donnée par un diplomate arabe. En guise de divertissement, l’hôte de la fête organise une sorte de comédie musicale très élaborée se déroulant tout au long de la soirée, et dont le point culminant est un faux rituel d’initiation dans lequel les convives deviennent membres d’une société secrète imaginaire. Fasciné, Florence prend des notes détaillées qu’il montrera, à son retour, à Fleming. Ce dernier s’inspire donc fortement des souvenirs de Florence pour créer la nouvelle fraternité, qu’il nomme « The Ancient Arabic Order of the Nobles of the Mystic Shrine ». Le rituel, les costumes et les symboles imaginés par Fleming et Florence ont tous un thème proche-oriental qui les distingue des rites maçonniques traditionnels. Les deux fondateurs s’initient eux-mêmes en 1870, et procèdent à l’initiation de 11 nouveaux membres en 1871. 

En accord avec le thème arabisant adopté par la fraternité, les membres se réunissent dans des « temples » et des « mosquées ». Le premier temple , établi à New York, se nomme d’ailleurs Mecca, en référence au lieu sacré de l’Islam. Les Shriners portent le fez, un chapeau traditionnel marocain. Les valeurs et croyances de la fraternité n’ont toutefois rien à voir avec la religion islamique. 


Une fraternité qui grandit à vue d’oeil

Le nombre de membres augmente rapidement, passant de 425 membres aux Etats-Unis en 1878 à plus de 7 000 membres dans 425 temples à travers l’Amérique du Nord dix ans plus tard. Lors de la Session Impériale tenue à Washington en 1900, il y avait plus de 55 000 membres des Shriners. En 1899, à l’intérieur d’un théâtre de la rue Guy à Montréal, les Shriners créent le temple de Karnak, ainsi nommé en l’honneur d’un temple grandiose datant de l’Égypte Antique. 


Une mission philanthropique

À ses débuts, les activités de la fraternité tournent surtout autour du divertissement et de la détente : défilés, bals, dîners. Les membres récoltent fréquemment des fonds pour des organismes de charité, mais la fraternité ne consacre ses efforts à aucune cause en particulier. Cela change de manière décisive dès 1919, lorsque le Potentat Impérial (la plus haute autorité des Shriners) Kendrick Freeland visite un hôpital pour enfants souffrant d’infirmités à Atlanta. Bouleversé, il prend conscience des besoins en soins orthopédiques pour les enfants. Afin d’aider à financer les activités de l’hôpital, Freeland propose d’établir une cotisation annuelle de 2$ (5$ aujourd’hui) par membre des Shriners. Le projet de financer un seul hôpital se transforme rapidement en un projet beaucoup plus ambitieux, et les travaux débutent pour créer un vaste réseau d’hôpitaux spécialisés dans toute l’Amérique du Nord. 


Traiter les enfants les plus vulnérables

Le premier hôpital entièrement construit grâce aux efforts des Shriners ouvre ses portes à Shreveport, en Louisiane, en 1922. Pour y recevoir des soins, l’enfant doit venir d’une famille qui serait autrement incapable de lui payer des traitements orthopédiques nécessaires et bénéfiques. Au départ, seuls les enfants de moins de 14 ans sont admis, mais cette limite d’âge passe ensuite à 18 ans. De nos jours, cette limite peut parfois atteindre 21 ans. Plusieurs des premiers patients des hôpitaux Shriners souffrent de problèmes causés par la polio, une infection virale qui s’attaque à la matière grise de la moelle épinière et qui cause des difformités et handicaps chez les enfants. En 1955, un vaccin développé par le chercheur Jonas Salk met fin aux épidémies dévastatrices de polio. Les hôpitaux Shriners se tournent alors vers des traitements de pointe pour des cas orthopédiques spécialisés, comme la maladie des os de verre et le Spina Bifida. Dans les années 1960, le réseau hospitalier des Shriners développe une seconde spécialité : le traitement des brûlures sévères chez les enfants. 


Un avenir incertain

Aujourd’hui, le réseau des Shriners compte 22 hôpitaux à travers les Etats-Unis, le Canada et le Mexique, avec un budget d’opérations de plus de 850 millions $ par année pour tout le réseau. Plus d’un million d’enfants ont jusqu’à maintenant été soignés gratuitement grâce au Shriners. En raison de la crise économique de 2008, le fonds général des Shriners est toutefois passé de 8 milliards à moins de 5 milliards en 2009. Les membres des Shriners vieillissent et le recrutement de nouveaux membres, ainsi que la cueillette de fonds dans un contexte économique instable, sont des défis importants pour la fraternité aujourd’hui. Malgré ce contexte incertain, l’hôpital Shriners pour enfants de Montréal pourra emménager sous peu dans un bâtiment neuf à proximité du nouveau Centre universitaire de santé McGill. 


Être Shriner aujourd’hui.  

Pour devenir membre des Shriners, les aspirants doivent d’abord être initiés à la Franc-Maçonnerie. Pendant de nombreuses années, on exigeait qu’ils aient complété tous les degrés du Rite Écossais ou du Rite York, mais depuis 2000, il suffit d’être Franc-Maçon pour être éligible aux Shriners, ce qui facilite le recrutement. Les femmes ne sont pas admises dans la fraternité, mais les épouses des Shriners participent régulièrement aux activités de l’organisation. La seule activité qui leur est interdite est la cérémonie d’initiation, dont le contenu est gardé secret par les membres. Celles qui souhaitent s’engager de manière plus officielle pour la cause des Shriners peuvent joindre les rangs des Filles du Nil, la branche féminine de la fraternité. 

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Jean-Pierre Bernard
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