le signe secret

Chevaliers de Colomb


Un fondateur idéaliste

L’Ordre des Chevaliers de Colomb est fondé en 1882 à New Haven, au Connecticut par le père Michael Joseph McGivney. Ce jeune prêtre catholique, fils d’immigrants irlandais, a fait ses classes au Québec, au séminaire de Saint-Hyacinthe, avant de poursuivre ses études à l’Université Niagara et au séminaire St. Mary’s de Baltimore. En 1873, alors qu’il est en voie de terminer son parcours académique, il apprend le décès de son père et doit prendre une longue pause pour retourner chez lui s’occuper de ses frères et sœurs. C’est une expérience marquante : à cette époque, la disparition d’un homme, soutien de famille, peut être catastrophique pour ses proches. Le père McGivney en devient encore davantage convaincu lorsqu’il commence à travailler dans sa propre paroisse et voit des familles anéanties par la perte d’un père et mari. 


Les Catholiques d’Amérique s’affirment

Précisons qu’aux Etats-Unis, les Catholiques sont alors dans une situation plus précaire que la majorité Protestante, car ils sont fréquemment exclus des syndicats et autres organisations fournissant de l’aide sociale. Ils sont également repoussés par la plupart des organisations fraternelles, quand l’Église ne leur interdit pas carrément de s’y joindre (c’est le cas de la Franc-Maçonnerie, par exemple, vue d’un mauvais œil par l’Église Catholique). Le père McGivney décide donc de fonder une société d’aide mutuelle qui fournira des prestations d’assurances à la veuve et aux orphelins en cas de décès du père de famille, doublée d’une fraternité qui saura faire compétition avec les sociétés dites secrètes. 


Valeurs chevaleresques

Le nom de l’Ordre est choisi en hommage à l’explorateur Catholique Christophe Colomb, qui a découvert l’Amérique. Le père McGivney et les premiers officiers de l’Ordre voulaient ainsi souligner auprès de la majorité protestante le fait que les Catholiques jouaient depuis longtemps un rôle de premier plan dans le développement de l’Amérique. Le terme « Chevaliers » renvoie aux valeurs chevaleresques de spiritualité et de service à l’Église, au pays et à son prochain. La Chevalerie se donne pour mission de diriger et faire la promotion d’ouvres éducatives, charitables, religieuses et sociales dans le milieu immédiat où vivent les Chevaliers et où ils tiennent leurs Conseils locaux. 


Popularité grandissante

Lors de la première convention annuelle en 1884, l’Ordre comptait déjà 459 membres à travers le Connecticut et des individus dans plusieurs autres États manifestaient un intérêt pour la fraternité. Le nombre de Conseils locaux s’est rapidement multiplié, et le programme d’assurance-vie et assurance invalidité offert aux membres s’est bonifié. Fait intéressant à noter, les membres jeunes et en santé payaient la même cotisation que les membres plus âgés ou malades. 


Mythes et rumeurs

Autour de 1912, une rumeur s’est propagée aux Etats-Unis selon laquelle les Chevaliers de Colomb, pour atteindre le quatrième et plus haut degré de la fraternité, prêtaient serment d’exterminer les Francs-Maçons et les Protestants. La rumeur fut démentie et les véritables serments publiés, mais le mythe a refait surface lors de l’élection présidentielle américaine de 1928, utilisé par ses adversaires pour nuire au candidat catholique Al Smith. 

De nos jours, les seules rumeurs qui persistent au sujet des Chevaliers de Colomb concernent les initiations, gardées secrètes. On a longtemps dit, par exemple, que la Chevalerie mettait les nouveaux membres à l’épreuve en introduisant une chèvre ou des animaux dans les initiations, ou prenait des photos compromettantes des futurs chevaliers afin de garantir leur discrétion. Il est vrai qu’à une certaine époque, une chèvre était présente à la cérémonie d’accueil à titre de valeur symbolique car Christophe Colomb avait l’habitude de faire don d’un animal à ses hôtes lorsqu’il voyageait. Les Chevaliers de Colomb nient que les cérémonies d’initiation comprennent quelque comportement inapproprié, sans toutefois en révéler le contenu véritable. Le premier et le quatrième degré de l’Ordre comportent des initiations distinctes, mais l’atteinte des 2ème et 3ème degrés est célébrée dans une seule cérémonie qui dure une journée entière. 


Être Chevalier aujourd’hui

Pour entrer dans la fraternité aujourd’hui, un nouveau membre doit être parrainé par un membre existant. Quelqu’un qui ne connaîtrait aucun Chevalier dans son entourage peut faire une demande de parrainage en s’adressant directement au Conseil de son quartier ou village. La Chevalerie n’est ouverte qu’aux hommes et c’est souvent une affaire de famille: on se retrouve fréquemment de père en fils dans le même Conseil local. Les épouses des Chevaliers participent aux activités sociales et bénévoles de la fraternité, mais ne peuvent pas assister aux initiations. Les femmes qui souhaiteraient participer plus activement aux œuvres charitables de l’Ordre peuvent joindre les rangs des Filles d’Isabelle, le pendant féminin de la Chevalerie. 


Un joueur économique important

Aux Etats-Unis, l’appui inconditionnel de l’Ordre à certaines politiques conservatrices alignées sur les positions de l’Église (une taxe pour financer des campagnes pro vie a été imposée à tous les membres américains en 2008), de même que le salaire faramineux touché par le Chevalier Suprême Carl. A. Anderson, lui ont valu des critiques. 

La fraternelle d’assurances des Chevaliers de Colomb est aujourd’hui l’une des plus importantes compagnies d’assurances en Amérique du Nord et gère plus de 80 milliards $ en assurances-vie actuellement en vigueur. L’Ordre est maintenant présent dans plus de 13 pays et compte 1.8 millions de membres, ce qui en fait la plus grande organisations d’hommes laïcs catholiques au monde. Au Québec seulement, il y a plus de 100 000 membres dans 519 Conseils locaux. Le travail philanthropique effectué par les Chevaliers est énorme: des dons totalisant plus de 1.4 millards $ et plus de 653 millions d’heures consacrées au bénévolat dans les 10 dernières années. 

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Isidore Bafundisa 
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