le signe secret

Les Filles d'Isabelle


Un cercle auxiliaire aux Chevaliers de Colomb

L’Ordre des Filles d’Isabelle est fondé le 14 mai 1897 à New Haven, au Connecticut, par le Père John Russell comme un cercle auxiliaire des Chevaliers de Colomb, une fraternité Catholique pour hommes seulement fondée 15 ans plus tôt. L’Ordre des Filles d’Isabelle a pour but d’unir toutes les femmes catholiques dans une organisation à but non lucratif dans laquelle les membres pourraient apprendre à mieux se connaître mutuellement, étendre leur cercle d’amies, centraliser leurs ressources communes pour mieux s’entraider, et « devenir une puissance plus considérable à présenter au monde dans la poursuite du Bien au sein de la société », selon les documents officiels de l’Ordre. Au départ, seules les épouses ou membres de la famille des Chevaliers de Colomb peuvent être admises, mais graduellement, toutes les femmes catholiques, jeunes et moins jeunes, seront admises. 


Présence de longue date au Québec

Au Québec, le cercle Santa Maria, à l’intention des femmes francophones, est crée à Montréal en 1925. L’année suivante, le cercle Saint-Jean numéro 463 est crée, et celui-ci demeure le plus vieux cercle canadien encore actif. 


Un rituel qui fait jaser

Dans les faits, les Filles d’Isabelle effectuent le même travail philanthropique que les Chevaliers de Colomb, et s’occupent de recueillir des fonds pour différents organismes de bienfaisance et causes charitables. Mais à l’instar de la Chevalerie, l’Ordre des Filles d’Isabelle possède son propre rituel d’initiation, qui a fait l’objet de rumeurs inquiétantes par le passé. Certaines ex membres ont en effet rapporté avoir été entassées dans une petite pièce sombre au plancher glissant et graisseux, ou avoir été malmenées par un bouc. De nos jours, les Filles d’Isabelle affirment que ce genre de rituel humiliant ou effrayant n’a plus lieu depuis longtemps. Les membres actives refusent toutefois de révéler le contenu réel de l’initiation, un secret encore réservé aux membres. 


Isabelle de Castille, patronne de l’Ordre

Le nom des Filles d’Isabelle fait référence à la patronne de l’Ordre, la reine Isabelle de Castille. Née en Espagne en 1451, Isabelle de Castille épouse à l’âge de 18 ans Ferdinand d’Aragon. Elle est couronnée Reine de Castille le 13 décembre 1474, et elle n’hésite pas à accompagner son mai sur les champs de bataille, à dos de cheval et revêtue d’une armure, pour unifier les régions de la péninsule ibérique qui avaient été conquises par le passé par les Maures d’Afrique du Nord. En 1492, c’est elle qui confie à Christophe Colomb la mission de trouver une nouvelle route vers les Indes. L’histoire reconnaît donc qu’elle a joué un rôle important dans la découverte du Nouveau Monde. Elle finance le voyage en léguant personnellement une somme à l’explorateur. Le mythe – difficilement corroboré- veut qu’elle lui ait remis ses bijoux en guise de paiement. 


Très croyante, Isabelle de Castille impose la religion Catholique en Espagne et condamne les immigrants qui adhèrent à une autre religion, comme les juifs. Avec son mari, elle instaure le tribunal de l’Inquisition, qui combat, torture et va jusqu’à faire exécuter quiconque est soupçonné d’hérésie. Dans sa vie personnelle, Isabelle de Castille connaît la tragédie: elle perd prématurément un fils, une fille et un petit-fils. Malgré un héritage marqué par la violence, les Filles d’Isabelle retiennent la dévotion de leur patronne pour préserver la religion catholique. 

Être Fille d’Isabelle aujourd’hui

Comme les Chevaliers de Colomb, les Filles d’Isabelle aux Etats-Unis sont connues pour leurs prises de position très conservatrices et alignées sur les positions de l’Église, notamment sur la question du droit à l’avortement. Au Québec, l’organisation est beaucoup moins politisée et se concentre davantage sur les œuvres caritatives. Fait intéressant à noter, le Canada compte beaucoup plus de Filles d’Isabelle que le pays de l’Oncle Sam, et le Québec est la province où elles sont le plus nombreuses. L’Ordre compterait environs 50 000 membres au total, et 30 000 de celles-ci sont des Canadiennes. Depuis 2010, la régente internationale, soit la dirigeante suprême de l’Ordre, est une Québécoise, Christiane Chagnon. 

L’Ordre des Filles d’Isabelle accepte comme membre toute femme catholique de 16 ans et plus. Le recrutement est aujourd’hui une priorité pour l’organisation, qui a vu ses adhésions décroître depuis les années 1980. Aux Etats-Unis, de nouveaux cercles de jeunes Filles d’Isabelle voient le jour sur les campus universitaires. Au Québec, un cercle de jeunes femmes pourrait bientôt voir le jour à Grand-Mère. 

Vidéo Exclusive

Jici Lauzon au Congrès d’État des Cantons de l’Est rencontre un groupe de membres.

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